🌵 L’essence du vide !

« Pour le comprendre, ce n’est pas au traumatisme qu’il faut penser, mais au fait que là où quelque chose aurait pu être bénéfique, rien ne s’est produit. »

 Vous avez acceptĂ© de relever le dĂ©fi…

Ne me dite pas non, c’est votre ego qui parle. Car bien avant l’incarnation vous avez signĂ© le contrat. Autant l’accepter. Mais vous avez aussi le droit de renoncer. LĂ  intervient votre libre arbitre.

En tout cas, ce sentiment de vide est bien présent. Dans ce voyage ou pas !

Qu’est-ce ?

On est bien d’accord que j’irai au delĂ  de la notion classique du vide. Car ici on parle de: vide fondamental dans la structure du Soi (de Moi)

Ce vide est un reste appelé le « manque-à-être ». Le vide contient une énergie qui pousse et qui fait sortir le Sujet (Vous et Moi) de l’impasse du désir de l’Autre par le biais du langage. Le langage vient donc comme symbole de l’absence-présence, afin de lutter contre le vide de l’absence. Le désir viendra alors tenter de combler ce manque par une recherche de l’objet perdu.

C’est assurĂ©ment dans le silence que le vide se laisse entendre, et en le comprenant on en comprend aussi ce qu’il y a panser.

Ou prend-il naissance?:

C’est au moment ou l’enfant s’effondre dans une non-confiance, qui retenti sur son organisation intĂ©rieure.

Il a “Ă©chouĂ©”” dans la crĂ©ation d’une mère suffisamment bonne ( concept de soins maternels et capacitĂ© de l’enfant Ă  les recevoir). Le Moi de la mère soutient le Moi naissant de l’enfant en lui offrant un environnement favorable. Il peut alors dĂ©velopper un sentiment de continuitĂ© d’existence qui est le signe de l’émergence d’un vrai self, un vrai soi. Sinon il mettra en place un faux -self (Je vous invite Ă  faire un tour ici pour Ă©clairer ces notions). Soulignons encore qu’une mère suffisamment bonne, n’est pas une mère parfaite (ce qui serait Ă©galement dommageable pour Soi) . N’incriminons pas maman qui fait comme elle peut. Ici nous essayons de comprendre le vide.

Donc par absence de fusion Ă  sa maman, il Ă©choue ensuite dans la crĂ©ation intĂ©rieure d’une vision de la rĂ©alitĂ© suffisamment bonne. C’est important pour soi, petit, de crĂ©er ces visions idĂ©alisĂ©es pour sĂ©curiser son environnement. Lorsque cela n’est pas abouti, il ne reste que le vide. Ce vide est alors un reste, ce reste ne cesse pas. Ceci est ressentis comme une chute catastrophique sans limite. L’ĂŞtre (l’enfant) est donc laissĂ© dans ce “quelque chose” de non construit, creux, un Ă©quivalent d’un “non ĂŞtre”. L’évolution en adulte qu’il deviendra, comblera ce vide par des mĂ©canismes de dĂ©fense sĂ©curisants en lieu et place. Cependant, ceci laissera tout de mĂŞme ce vide, inactif. Son reste, etant comblĂ© par des objets de substitutions.

Ce qui se joue

  • La « crainte de l’effondrement »
  • Le vide du regard de la mère (une mère qui se montre non rĂ©ceptive au besoin exprimer de l’enfant, en contrĂ´lant et imposant les siens)
  • Le Self et le « Soi blanc » (blanc comme dĂ©fense contre la reconnaissance de l’instauration d’une dĂ©pendance)

L’homme devant l’incertain fait Ă©merger la notion de vide et se qui en dĂ©coule dans les angoisses et peurs rĂ©vĂ©lĂ©es. Le vide n’est-il pas « ce qui reste quand on a tout enlevĂ© Â» Il est cette possibilitĂ© de se laisser traverser par ses Ă©motions, et ce nettoyage des vieux schĂ©mas qui ouvre la porte vers ce que l’on peut mĂŞme vide remplir de nouvelles perspectives.

Le vide est la matrice de tout, la mère de tout, l’origine de tout. Ce n’est pas le vide dĂ©nuĂ© de tout, comme dans la pensĂ©e occidentale, mais un vide plein, rempli d’Ă©nergie. 

Dans le voyage d’individuation on parle de double incarnation.

Lorsque l’on dĂ©cide de travailler sur soi, on part dans une quĂŞte Ă  ĂŞtre pleinement son Soi. Cela sous entend que l’on va nettoyer son intĂ©rioritĂ© de tout ce qui n’est pas innĂ©, pur soi au dĂ©part (l’enfant tel qu’il est avant les modifications adaptatives face au conditionnement et Ă  l’éducation que ses expĂ©riences et son environnement lui imposent ou proposent). RetirĂ© de son organisation interne, de ses “habitudes” ces parties, laisse un vide.

C’est ce vide qui est dĂ©sactivĂ© lors d’un Ă©vĂ©nement violent (sĂ©paration originelle et autre trauma de vie, donc la fusion Ă  maman). Une partie de l’esprit va “fuir” pour ne plus avoir Ă  supporter la douleur ou la peur. La psychanalyse nous parle de clivage, on parle aussi souvent de personnalitĂ© coupĂ©e de ses Ă©motions. On parle aussi de personnalitĂ© fuyante. C’est le paradoxe de “prĂ©sence-absence” que j’évoquais plus haut. Ce sentiment de le sentir ici, prĂ©sent mais en mĂŞme temps non lĂ . C’est cette sensation d’avoir comblĂ© tous les vides en sa prĂ©sence puis après sĂ©paration, ressentir de nouveau ce vide, que l’on avait dĂ©sactivĂ© avant les retrouvailles. Vous me suivez?

On peut voir chacun des ĂŞtres incarnĂ©es comme une moitiĂ© d’un tout . Et donc Ă  moitiĂ© vide. Ce vide dont la nature humaine a horreur…

« Du vide et de l’éternitĂ© Â» 

Michel Cassé

Il se remplit de l’intĂ©rieur

Dans des phases de tristesse, le sentiment de manque apparaĂ®t, cette impression que la vie ne te donne pas ce dont tu as besoin, te dĂ©sespère et tu t’accroches alors Ă  la chose qui manque: L’amour.

Cette satisfaction ponctuelle apportĂ©e par l’extĂ©rieur fait naĂ®tre en soi l’attachement, la dĂ©pendance affective ou la dĂ©pendance sociale, suite Ă  ces traumas d’enfants que nous avons Ă©voquĂ© plus haut. En s’attachant, on bloques ce que la source veut nous donner, nous transmettre. Le monde en soi et en l’extĂ©rieur s’ouvre dès que l’on comprend que la satisfaction de ces besoins doit venir de soi m’aime. Cela nous pousse Ă  nous crĂ©er cette famille intĂ©rieur qui nous apporte sĂ©curisation des besoins dont on a fait dĂ©faut petit. Cela se fonde sur la confiance en l’univers, en Soi.

Dès lors que l’on comprend que l’on est le magicien de sa vie, crĂ©ateur de son univers intĂ©rieur, malgrĂ© l’expĂ©rience de vie, le vĂ©cu, on reconnait l’énergie et l’intelligence de l’univers. On crĂ©e ce que l’on veut ĂŞtre. C’est l’essentiel et la source de tout aboutissement.

Le vide alors se rempli….de l’intĂ©rieur. Et l’on ressens l’existence, on s’y abandonne, on se dĂ©tache et on lâche prise.

Sources: Lacan, la théorie de D.W. Winnicott