Se fixer des objectifs en étant soi-même

Sofia du site @tirataghuri nous parle d’objectif dans ce billet un peu spécial que j’appellerai : L’instant thé.
Une rencontre, un échange pour vous donnez d’autres points de vue sur des sujets qui composent notre vie à tous !
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Salut à toi !
Aujourd’hui, j’ai envie de te parler « objectifs ». Tu sais, les fameux objectifs qu’on nous demande sans cesse de poser pour un projet/notre semaine/notre journée/notre VIE.

Pendant longtemps, j’ai été allergique au mot, à la notion d’objectif.
Ça me faisait même carrément flipper ! Qui dit objectif, dit pression, dit peur de l’échec, dit parfois auto-sabotage… ben oui, hein, quitte à avoir peur de l’échec, autant se tirer une balle dans le pied toute seule, au moins, je sais d’où ça vient ! 😉

Après un long travail sur moi-même, beaucoup de lectures et de discussions, et même quelques ateliers en ligne, j’ai fini par apprivoiser le concept. J’ai donc commencé à me fixer de jolis objectifs chaque mois, chaque semaine, et même de temps en temps chaque jour. Avec plus ou moins de bonheur, et surtout plus ou moins de réussites. Et parfois même, avec cet arrière-goût récurrent de me sentir « enfermée », « contrainte », qui a fait que, souvent, je n’atteignais pas mes objectifs, tout compte fait.

Dans son livre Ma Vie en Mieux, Gretchen Rubin étudie la force des habitudes dans la réalisation de nos projets. (Bon, autant te le dire tout de suite, je n’ai lu qu’1/4 du bouquin et j’ai laissé tomber suspendu ma lecture) Mais elle a créé une classification de personnalités que j’ai trouvée vraiment intéressante. Elle a observé que nous nous répartissons en 4 catégories (notamment en ce qui concerne les habitudes) :

Les Petits Soldats : il est important pour eux d’honorer les attentes internes ou externes, c’est dire s’ils sont particulièrement fiables : une fois qu’ils ont décidé de faire quelque chose, ils le font, qu’ils se soient engagés envers eux-mêmes (motivation interne) ou envers autrui (motivation externe), quitte à parfois être psychorigide. Ce qui est dit est dit, ce qui est à faire doit être fait pourrait être leur credo.

Par exemple, si un Petit Soldat décide de ranger son garage ce week-end, il le fera sans avoir besoin de trouver une stimulation extérieure. Ou si un ami lui demande de l’aider à ranger le garage, et que le Petit Soldat accepte, alors il sera présent.

Les Pinailleurs : ils ont besoin de comprendre le pourquoi du comment. Mais une fois qu’ils y ont mis du sens et se sont engagés de leur plein gré, ils maintiendront le cap, quoiqu’il arrive. Les attentes extérieures ont peu d’emprise sur eux. Par exemple, si le Pinailleur décide que ranger le garage lui permettra de retrouver ses outils plus rapidement, il le fera avec entrain. Mais si son/sa conjoint-e le sollicite, sans en discuter avec lui auparavant, sans qu’il ait son avis à donner, alors, il ne le fera probablement pas. Tandis que si son/sa conjoint-e le sollicite en l’impliquant dans les raisons du rangement, il le fera sans problème, car il se sera approprié ledit rangement.

Les Oblatifs : ils ont du mal à s’engager envers eux-mêmes. Par contre, si quelqu’un d’autre compte sur eux, ils seront présents. Par exemple, un Oblatif aura du mal à ranger son garage, si cela n’engage que lui. Par contre, si son conjoint-e lui demande de le faire et que l’Oblatif s’engage, il ira jusqu’au bout car l’autre personne aura une attente envers lui.

Les Rebelles : ils sont réfractaires à toute attente, interne ou externe, qu’ils vivent comme une privation de leur libre-arbitre. Ils sont animés d’un grand sentiment de liberté, et rejettent toute contrainte. Il est important pour eux de choisir ce qu’ils font, que cela ait du sens. Et s’ils changent d’avis en cours de route, ce n’est pas un problème, ils arrêtent. Par exemple, le Rebelle ne rangera le garage que s’il y met du sens : si ranger le garage lui permet de gagner la place pour installer un atelier, la nouvelle voiture, un espace jeux pour les enfants, il le fera. Mais si la demande est extérieure et non motivée, ou s’il perd sa motivation en cours de route (non, finalement, le garage n’est pas assez grand pour y installer un atelier/espace de jeux/voiture), il est fort probable qu’il laisse tout en plan.

Je trouve ces catégories vraiment instructives, en ce qui concerne la mise en place d’habitudes ou la fixation d’objectifs. Et surtout, cela nous permet de réfléchir à notre fonctionnement et au type d’actions à mettre en place. Par exemple, j’ai été élevée comme une Oblative : il était important de faire ce qu’on attendait de moi, d’ailleurs, c’était tout ce qui comptait, peu importe comment je ressentais la chose.

Or, je suis une Rebelle. Une vraie. J’ai besoin, chaque jour, de mettre du sens dans ce que je fais car s’il n’y en a pas, je ne fais pas, ou alors je me force vraiment quand je n’ai pas le choix, et je suis alors extrêmement malheureuse, frustrée, irritée et contre-productive. Par contre, une fois que j’ai mis une intention dans une action, je me transforme en bulldozer capable d’abattre n’importe quel obstacle.

Mais figure-toi que dans notre société, le schéma le plus valorisé est celui des Petits Soldats : toujours prêts, toujours fiables. En tant que Rebelle, je me sens vraiment à la marge, et en même temps, de par mon éducation, j’ai étouffé cet aspect essentiel de ma personnalité pendant toutes ces années. Mais aujourd’hui, je me rends bien compte que m’efforcer de rentrer dans des cases qui ne me conviennent pas m’a plus porté tort qu’autre chose. Parce que je me suis oubliée, je me suis niée, j’ai eu honte d’être qui je suis. Oui, rien que ça. Honte d’être moi-même. Alors que j’aurais pu être épanouie, confiante, fière de la personne que j’étais, que je suis. Simplement moi-même.

Et cette histoire d’objectifs, c’est exactement de cela qu’il s’agit. J’ai toujours eu du mal avec ça, tout simplement parce que mon tempérament est complètement à l’opposé du mode de fonctionnement « to-do list ». Parce qu’en fait, rien n’est plus important pour moi que de poser mes intentions. Pas des contraintes qui m’angoissent ou me brident. Non, des intentions d’état d’esprit, qui me portent, qui donnent du sens à mes journées, semaines, mois… des intentions qui laissent ouvertes le champ des possibles et donc ma créativité.

Alors, bien sûr, j’ai recours à des to-do lists pour ne pas oublier de prendre rdv chez l’ophtalmo, remplir ma déclaration de revenus ou envoyer un mail de réclamation à telle boutique en ligne… mais je ne veux plus le faire en ce qui concerne mes objectifs de vie, mes projets créatifs, mes activités. Je veux (re)mettre du sens dans ma vie, à chaque instant. Pour ne plus la subir ou la voir défiler trop vite, mais pour en vivre chaque moment, bon et moins bon, passionnant ou routinier. Etre là, dans le bon état d’esprit, constructif, vibrant, vivant.

Depuis plusieurs mois, et avec une nette accélération ces dernières semaines, je fais un gros travail sur mon état d’esprit. Les lignes bougent, je le sens bien. Mon intention : être au plus près de moi-même, vivre de la façon la plus authentique et fluide possible. Ne pas nier les difficultés mais me faire confiance pour les traverser et les surmonter. Et pour cela, je dois vivre en accord avec qui je suis, et notamment mon côté Rebelle, qui peut me porter préjudice quand il s’agit d’effectuer des tâches que je n’ai pas envie de faire, ou pire, qui me sont imposées par d’autres et dans lesquelles je ne vois pas de sens. Dans ces cas-là, il est important que j’en cherche un, sincère, vrai. Si j’y arrive, c’est gagné. Sinon, la situation peut engendrer des tensions certaines.

Pour ma part, j’ai recours à deux outils créatifs et très puissants :

– pour son côté ludique et profond à la fois, j’aime le tableau de vision, où je colle des images et des mots inspirants qui me rappellent mes intentions, mes valeurs, ma philosophie de vie. Dans la frénésie quotidienne, quand je perds le sens de ce que je fais, je me pose parfois quelques minutes devant un de mes tableaux de vision et je me recentre sur ce qui est important pour moi.

– pour l’introspection et l’exploration de mon Etre profond, j’écris beaucoup, je fais ainsi le point sur ce que je veux garder, renforcer, inviter dans ma vie et ce que je veux éliminer.

So.