Les couloirs du temps

 

J’ai eu peur du temps : «  Un jour passe sans que je meure, un jour passe sans que je ne vive. Un jour m’éloigne de ma naissance illégitime, un jour me rapproche de la délivrance du fardeau. Je tourne si vite. »

 

 

J’ai l’espace, mais je suis temps.

J’ai mis du temps à comprendre, la notion….de temps…. J’ai été guidé dans ce sens, de cette aide, de ces explications, j’ai posé un voile opaque. J’ai expérimenté la vie, le temps…le couloir….et puis j’ai mené mes recherches, que très récemment. Comme si, là aussi, mon esprit avait besoin de temps pour maturer.

 

Alors ma question aujourd’hui est : qu’est le temps ? Et comment je le perçois dans ma vie ?

 

Saint Augustin disait que tout le monde croit savoir ce qu’est le temps, mais dès que l’on demande de le définir, personne ne sait plus:

 

« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais, si on me le demande, et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus »

 

Je m’étais vu expliquer la notion de deux temps, l’interne et l’externe, et avec non grand étonnement …mais toujours avec un sourire en coin, j’ai retrouvé ces distinctions en lisant des philosophes, tel que Blaise, Pascal, Locke, Bergson…

Voici ce que je peux en partager. J’ai tout de même l’étrange sensation que je vais encore apprendre de cette notion. Certes on apprend jusqu’au bout, mais celui ci, ce temps….

 

C’est au détour de mon buraliste préféré que je me suis achetée, ce matin, le magazine « open mind », il traitait du temps, assez cocasse vu que ce billet est en brouillon depuis 3 semaines…le temps fil mais il suffit de laisser faire le temps pour s’ouvrir à la vue de ce qui me pousse à avancer chaque jour.

 

Alors voici, Il est dit qu’il existe deux temps:

  1. Le temps interne, ou subjectif mais encore psychologique.

Qui est celui qui est lié à la conscience. Lié à notre représentation de l’environnement, il est le spontané, donc non mesurable (nos pensées, nos sentiments). Il est celui de l’évocation.

Bergson, définit le temps comme mesurable ce qui n’est pas le cas dans l’état de conscience. Il le nomme alors Durée « créatrice ». Proprement intime, interne à l’homme.

Le temps n’est pas objet de quoi que se soit, donc pas outil de mesure, il est forme, irréversible de notre sensibilité, donc de notre « interne », de notre vraie nature.

Là ou les outils et la technologie n’apportent pas l’élément essentiel: l‘amour.

Car la nature qu’elle soit interne ou notre terre, externe, nous permet de nous retrouver en nous même, et de nous rendre compte qu’une montre ou encore un smartphone, ne nous ferons jamais de câlins.

L’amour prend du temps, l’amour ne « compte pas ».

 

« Tu n’arrive pas à penser, marche. Tu penses trop, marche. Tu penses mal, marche encore »

Jean Giono

Pour le coup, moi je fais de la corde à sauter !!! et de la trottinette !!

 

  1. Le temps externe, ou objectif mais encore celui qui se mesure.

De ce que j’en ai compris, c’est le temps dans sa valeur universelle. C’est le temps de nos montres, horloges et autres outils de mesures. Il est celui de la perception.

C’est ici que je classerai la notion d’urgence générée par la technologie, et l’envie de gagner un temps fou sur tout,  les outils qui sont créés pour nous « aider » ne nous éloignent – ils pas de notre vraie nature?

Car en matière de temporalité, celle – ci est la plus évidente et précise, la nature extérieure, les saisons, le contact direct. Ce monde du toujours plus. Nous rend – il heureux? profitons nous du temps? profitons nous de l’instant présent?

“On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, tout est changement, mouvement. »

Héraclite

 

Proust, Marcel 1871-1922  » Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pas pour un homme.  » Chroniques, Vacances de Pâques Paru dans le Figaro, 25 mars 1913.

Destiné à régler la vie collective, il en épouse les rythmes, variables selon les secteurs où se déroule l’existence en commun. [Ex. Calendrier scolaire, civil, religieux]

 

« Un calendrier exprime le rythme de l’activité collective en même temps qu’il a pour fonction d’en assurer la régularité. » 

Durkheim

Le temps est précieux, il passe trop vite et l’angoisse va grandissante face à la prise de conscience intérieure de la non possibilité à maîtriser l’écoulement du temps. Cette même angoisse, entraîne une grande solitude. La solitude de ceux, qui, bien que très entourés, se sentent souvent bien trop seuls.

Depuis peu, j’essaie de me réconcilier avec le temps, celui qui est, mais surtout celui qui sera. Je ressens cette vague de tristesse m’envahir quand je me projette, alors je ne le fais plus, ou presque pas. Triste constat du rythme effréné de ma vie, « je n’ai pas le temps ». Il me reste si peu de temps…comment profiter du temps, quand celui ci nous fait défaut?, Mais peut – il seulement nous faire défaut? Est – ce un partenaire? Sûrement, un de ceux qui me presse qui me stresse, m’oppresse.

 

J’ai besoin de m’arrêter, de contempler comme pour figer certains paysages à jamais, comme pour croire encore que tout est possible, que la vie me sourit !!! La vie….la mort….le temps mort. Cette expression est si lourde de sens.

Une pause salvatrice.

Je vois le temps qui passe, je le contemple, il m’observe, il rit de moi. Il me donne des difficultés, un compte à rebours, et il me dit de me sentir profondément, de regarder la nature de toutes choses, que finalement chaque  chose en son temps, suffit à son temps.

Dans cette revue, ils parlent de beaucoup de choses, de notre quotidien dans la matière, l’une d’entre elles a retenue mon attention !

La confrontation au temps, la richesse du temps, que nous perdons souvent de vue. Que la vie est limitée et que la mort lui est intimement liée. Menace méta – physique, menace de la société et son environnement décadent,  géopolitique en souffrance….

Mais surtout je retiens: Notre chemin.

Alors on accélère le temps face à nos peurs, déchirant le voile de ce chemin, pour faire apparaître finalement que la notion de fin, précipite l’action au quotidien. Mais pour autant, on remet la vie à plus tard, et celle – ci s’en va.

 

Horloge qui tourne sans s’arrêter, serpent qui se mord la queue, un cercle sans fin?

 

Un tournant dans mon existence?

Oui! La révélation des vraies couleurs de la vie, l’instant présent. Là ou le temps ralenti si significativement pour être dans un mouvement si lent que le défaut de présence n’est plus. Cette fameuse présence….

Sources :

Kant, Critique de la raison pure (1781), Platon, Sartre, Aristote, Bergson
Open mind n°3