Les Archétypes Jungien

« L’amour est de ce fait un facteur très important de la destinée de chacun, parce que, plus que toute autre chose, il peut délivrer les humains de leur unique attachement au Moi, et leur fait soupçonner l’existence d’un accomplissement transcendant ; il nous fait participer au jeu divin de l’union de Shiva et de Shakti, dieu et déesse, par-delà la banalité de la vie terrestre. C’est le mystère dont personne n’a encore levé le voile et qui semble pourtant installé en chacun comme but de la vie. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que cela représente un mystère d’individuation réciproque, un devenir conscient et une réalisation de totalité dans la rencontre avec l’autre. Ce symbole apparaît également à la fin de la vie »

Extraits d’animus de Jung

 

Les archétypes sont un concept introduit par Carl Jung. Celui ci, en désacort avec Freud sur le principe de complexe d’oedipe comme seule explication de la construction de la personnalité d’un individu, a élaboré son principe d’archétypes, avec en prime un concept, celui du complexe d’electre.  Il modélise les personnes, leurs comportements ou leur personnalités. Les archétypes, a-t-il suggéré, sont « des tendances innées qui jouent un rôle dans l’influence du comportement humain ».

Jung croyait que la psyché humaine était composée de trois composantes: le moi, l’inconscient personnel et l’inconscient collectif. Selon lui, l’ego représente l’esprit conscient tandis que l’inconscient personnel contient des souvenirs, y compris ceux qui ont été supprimés. L’inconscient collectif, lui est perçu comme unique en ce sens que Jung croyait que cette partie de la psyché servait de forme d’héritage psychologique. Il contenait toutes les connaissances et expériences que nous partageons en tant qu’espèce. Dans la psychologie jungienne, les archétypes représentent des motifs et des images universels qui font partie de l’inconscient collectif. Jung croyait que nous héritons de ces archétypes de la même manière que nous héritons des modèles de comportement instinctifs.

 

Autonomie des archétypes

« Les archétypes sont donc doués d’une initiative propre et d’une énergie spécifique. Ils peuvent aussi, à la fois, fournir dans la forme symbolique qui leur est propre, une interprétation chargée de sens, et intervenir dans une situation donnée avec leurs propres impulsions et leurs propres pensées.

A cet égard, ils fonctionnent comme des complexes. Ils vont et viennent à leur guise, et souvent, ils s’opposent à nos intentions conscientes ou les modifient de la façon la plus embarrassante.

On peut percevoir l’énergie spécifique des archétypes lorsque l’on a l’occasion d’apprécier la fascination qu’ils exercent. Ils semblent jeter un sort. »

 

Expérience archétypique

« L’expérience archétypique est une expérience intense et bouleversante.

Il nous est facile de parler aussi tranquillement des archétypes, mais se trouver réellement confronté à eux est une tout autre affaire.

La différence est la même qu’entre le fait de parler d’un lion et celui de devoir l’affronter. Affronter un lion constitue une expérience intense et effrayante, qui peut marquer durablement la personnalité. »

 

Archétypes et instincts

« Il me faut ici préciser les rapports entre les archétypes et les instincts. Ce que nous appelons « instinct » est une pulsion physiologique, perçue par les sens. Mais ces instincts se manifestent aussi par des fantasmes, et souvent ils révèlent leur présence uniquement par des images symboliques. Ce sont ces manifestations que j’appelle des archétypes.

Leur origine n’est pas connue. Ils réapparaissent à toute époque et partout dans le monde, même là où il n’est pas possible d’expliquer leur présence par des transmissions de générations en générations, ni par des fécondations croisées résultant de migrations. »

« … les structures archétypes ne sont pas des formes statiques. Ce sont des éléments dynamiques, qui se manifestent par des impulsions tout aussi spontanément que les instincts. »

 

Tonalité affective de l’archétype

« Ceux qui ne se rendent pas compte de la tonalité affective particulière de l’archétype ne se retrouveront qu’avec un amas de concepts mythologiques, que l’on peut sans doute assembler de façon à montrer que tout a un sens, mais aussi que rien n’en a.

Les cadavres sont tous chimiquement identiques, mais les individus vivants ne le sont pas.

Les archétypes ne se mettent à vivre que lorsqu’on s’efforce patiemment de découvrir pourquoi et comment ils ont un sens pour tel individu vivant. »

 

Les images archétypiques se chevauchent

« Un archétype s’inscrit toujours dans une trame factice, avec des représentations à double emploi.

L’archétype s’inscrit dans une trame de représentations apparentées entre elles, conduisant toujours à d’autres images archétypiques et se chevauchant constamment les unes les autres, et dont l’ensemble forme le singulier tapis de la vie. »

 

Anima et animus

« L’anima est féminine ; elle est uniquement une formation de la psyché masculine et elle est une figure qui compense le conscient masculin.

Chez la femme, à l’inverse, l’élément de compensation revêt un caractère masculin, et c’est pourquoi je l’ai appelé l’animus. Si, déjà, décrire ce qu’il faut entendre par anima ne constitue pas précisément une tâche aisée, il est certain que les difficultés augmentent quand il s’agit de décrire la psychologie de l’animus.

Le fait qu’un homme attribue naïvement à son Moi les réactions de son anima, sans même être effleuré par l’idée qu’il est impossible pour quiconque de s’identifier valablement à un complexe autonome, ce fait qui est un malentendu se retrouve dans la psychologie féminine dans une mesure, si faire se peut, plus grande encore. »

« Pour décrire en bref ce qui fait la différence entre l’homme et la femme à ce point de vue, donc ce qui caractérise l’animus en face de l’anima, disons : alors que l’anima est la source d’humeurs et de caprices, l’animus, lui, est la source d’opinions ; et de même que les sautes d’humeur de l’homme procèdent d’arrière-plans obscurs, les opinions acerbes et magistrales de la femme reposent tout autant sur des préjugés inconscients et des a priori. »

 

L’Anima

«Figures inconscientes de l’autre apparaissant dans les rêves, les mythes, les arts, les religions, cet autre se présentant avec les caractères du sexe opposé (ce que l’on définirait aujourd’hui comme du genre opposé) : anima chez l’homme, animuschez la femme. Ces deux archétypes fondent la conception jungienne d’une bisexualité psychique.

Anima et animus suscitent des représentations qui tendent à se personnifier comme on peut le voir par exemple dans les rêves où l’anima et l’animus apparaissent sous les traits d’une femme ou d’un homme inconnu. Ils se manifestent aussi, d’une façon qui reste souvent inconsciente, par des projections qui induisent certains comportements et jettent le trouble dans les relations de l’homme et de la femme.»
(Extrait de la définition de l’Anima qui figure dans le Dictionnaire Jung, page 22.)

L’Anima, élément féminin en chaque homme

« Au Moyen Age, bien avant que les physiologistes aient démontré que notre structure glandulaire confère à chacun de nous des éléments à la fois mâle et femelle, un dicton voulait que « chaque homme porte en lui une femme ». Et c’est cet élément féminin dans chaque homme que j’ai appelé l’anima.

Cet aspect féminin est essentiellement une certaine façon, inférieure, qu’a l’homme de se rapporter à son entourage, qu’il cache aux autres tout autant qu’à lui-même. Même lorsque la personnalité visible d’un individu paraît normale, il se peut qu’il dissimule aux autres et à lui-même cette « femme qu’il porte en lui » et dont l’état est quelquefois déplorable. »

 

Présence de l’Anima dans les rêves

« La présence d’une figure de l’anima dans le rêve fait en effet toujours supposer l’existence d’une fonction de relation. L’anima représente toujours chez l’homme la fonction de relation. »

 

L’art de se parler à soi-même

« … il faut se cultiver dans l’art de se parler à soi-même, au sein de l’affect, et d’utiliser celui-ci, en tant que cadre de dialogue, comme si l’affect était précisément un interlocuteur qu’il faut laisser se manifester, en faisant abstraction de tout esprit critique.

Mais, ceci une fois accompli, l’émotion ayant en quelque sorte jeté son venin, il faut alors consciencieusement soupeser ses dires comme s’il s’agissait d’affirmations énoncées par un être qui nous est proche et cher. Il ne faut d’ailleurs pas s’arrêter en cours de route, les thèses et antithèses devant être confrontées les unes avec les autres jusqu’à ce que la discussion ait engendré la lumière et acheminé le sujet vers une solution satisfaisante. Pour ce qui est de cette dernière, seul le sentiment subjectif pourra en décider.

Naturellement, en pareil débat, biaiser avec soi-même et chercher des faux-fuyants ne nous serviraient de rien. Cette technique de l’éducation de l’anima présuppose une honnêteté et une loyauté pointilleuses à l’adresse de soi-même, et un refus de s’abandonner de façon prématurée à des hypothèses concernant les desidera ou les expressions à attendre de « l’autre côté ». »

Sources :

 

L’Animus 

« L’animus est quelque chose comme une assemblée de pères ou d’autres porteurs de l’autorité, qui tiennent des conciliabules et qui émettent ex cathedra des jugements « raisonnables » inattaquables.

Mais, à y regarder de plus près, ces jugements prétentieux sont pour l’essentiel un amoncellement de mots et d’opinions qui se sont accumulés dans l’esprit de la petite fille, puis de l’adolescente depuis l’enfance, et qui, recueillis, choisis et collectionnés peut-être inconsciemment, finissent par former un canon, une espèce de code de vérités banales, de raisons et de choses « comme il faut ».

Cette codification du raisonnable correspond donc à une réserve de préjugés ; et dès qu’un jugement conscient, compétent et valable manque (ce qui, dans les complications de la vie, est souvent le cas), il y est fait appel comme à un arsenal inépuisable d’opinions disparates où l’on trouvera celle qui semblera convenir à la situation donnée.

Ces opinions apparaîtront, tantôt sous forme de ce qu’il est convenu d’appeler le bon sens, tantôt sous forme de principes, emblèmes de l’éducation reçue. Et la femme dira par exemple : « C’est ainsi que cela s’est fait depuis toujours », ou encore : « Mais tout le monde dit que … ». »

Les opinions de l’animus

«Les opinions de l’animus ont très souvent le caractère de convictions solides, qui ne sont pas faciles à ébranler, ou de principes d’allure intouchable, de valeur apparemment infaillible.

Si nous soumettons ces opinions à l’analyse, nous nous heurtons tout d’abord aux préjugés inconscients qui les motivent et qu’il nous faut inférer : je veux dire que la femme sent et pense les opinions acerbes qu’elle émet comme si ces préjugés existaient réellement.

En réalité, ces opinions ne sont ni motivées, ni le fruit d’un acte de pensée; elles existent toutes faites, comme préfabriquées et prêtes à la consommation ; elles sont présentes dans l’être mental de la femme, qui les formule et les répète parce qu’elles ont dans son esprit un tel caractère de réalité et un telle force de conviction immédiate qu’elle n’est même pas effleurée par l’idée de les soumettre à la possibilité d’un simple doute. »

 

L’animus être créateur

« … l’animus est aussi un être créateur, une matrice, non pas dans le sens de la créativité masculine, mais dans le sens qu’il crée quelque chose que l’on pourrait appeler un logos spermatikos – un verbe fécondant.

De même que l’homme laisse sourdre son oeuvre, telle une créature dans sa totalité, à partir de son monde intérieur féminin, de même le monde intérieur masculin de la femme apporte des germes créateurs qui sont en état de faire fructifier le côté féminin de l’homme.

C’est là l’origine de la « femme inspiratrice » qui, si elle est mal formée, recèle aussi en elle la possibilité de devenir la pire des viragos … »