Ghosting vs dépendance

“Champ abandonné, feu déclaré.” -Anonyme-
 
Assise, je médite en pleine conscience et à la fin de ma séance, j’ouvre les yeux.  Devant moi, à perte de vue un champ de ruine, le vide. Si partir du jour au lendemain n’est pas franchement nouveau – à chaque fois que je le rencontre dans ma vie, il me fait toujours le même effet – « terrassant ».
 
Un geste finalement violent, quand on pense au fait qu’aujourd’hui « nous sommes constamment reliés aux autres de par les réseaux sociaux, les téléphones, les ordinateurs, internet de manière générale » explique Marjorie Cambier*, psychologue clinicienne et sexothérapeute, « la vie virtuelle est devenue presque aussi importante que la vie réelle, voire plus »
 
 
 J’avais envie de vous parler de ce phénomène qui nous a tous touché, un jour ou l’autre, et qui laisse des traces indélébiles. Du jour au lendemain on se retrouve face à l’incompréhension d’un tel geste, à se remettre en question et se mettre en cause, sans aucun moyen de faire son deuil.
 
Pour mieux comprendre le phénomène, voici quelques éléments et piste de réflexion et d’action pour passer se chemin sinueux qu’est la reconstruction de soi, et de son cœur.
 

Pour mieux le comprendre, on doit savoir ce qu’est-ce « ghosting » ?

Le « ghosting » est l’acte de quitter sans aucune explication. C’est faire le mort : plus d’appels, plus de mails, plus de sms… « Ghosting » est un terme apparu récemment, du mot anglais « ghost » qui veut dire fantôme. Il y a donc bien une idée de mort qui plane dans tout ça : faire le mort, devenir un fantôme…

Quand cela arrive, il faut faire le deuil. Et difficile de faire ce deuil sans pouvoir donner du sens à cette fin d’histoire. Il est dit du « ghosting » que c’est un phénomène de société ayant tendance à s’amplifier ces dernières années. Les nouvelles technologies numériques bousculent les comportements. La société consumériste accentue le comportement « effet mouchoir». La relation à l’autre devient de plus en plus une relation à l’objet, l’objet qu’est le téléphone, l’ordinateur par exemple. En un clic, j’entre en contact et en un clic je quitte la personne. C’est tellement plus facile. En un clic le tour est joué.

Mais suite à ce néant de relation humaines, il reste une cicatrice, celle qui mettra des jours, des semaines et parfois des années pour être pansée.

Le Ghosting est alors soit une rupture  soit vécu tel que, et cela sans prise de risque

Alors que l’on multiplie aujourd’hui les moyens de communication, et qu’il n’a jamais été aussi simple de transmettre une information, le ghosting peut-il, finalement, ne se résumer qu’à un signe de lâcheté ?

 

C’est l’explication qu’à fini par fournir l’ex de Léa, 25 ans, « ghostée » après son départ en Erasmus par le garçon qu’elle voyait depuis plusieurs semaines : « après des semaines d’échanges enflammés à promettre qu’il viendrait me voir plus de nouvelles. Trois mois plus tard, il a fini par m’envoyer un mail pour s’excuser du fait d’avoir été aussi lâche ».

 

Pour Marjorie Cambier, « on se trouve dans le cadre de la peur de la confrontation, du conflit. C’est une réaction finalement assez infantile d’une personne qui n’assume pas vraiment sa position. Une rupture sans prise de risque en somme. Sauf évidemment dans le cadre des violences conjugales, ou parfois partir sans laisser de traces est la seule solution ».

 

Notre experte souligne par ailleurs que les raisons d’un ghosting dépendent essentiellement de la nature de la relation : « Dans le cadre d’une relation de couple réelle et suivie, une personne peut choisir de « ghoster » son ou sa partenaire lorsque la relation s’est mal passée et qu’elle souhaite vite passer à autre chose, lorsqu’elle sait pertinemment que les discussions seront vaines, ou lorsque la relation est trop violente (psychologiquement et/ou physiquement), et nécessite un éloignement immédiat, total et salutaire.  »

 

Prenons le cas de rencontres amicales, le ghosting pourrait être considéré comme un moyen plus facile de couper le lien, sans avoir à s’expliquer, ni a justifier son choix parce qu’il est dit « assumé ». L’engagement dans la rencontre est également moins grand. Entre cette quantité plus importante et cette qualité moindre dans la rencontre, le ghosting serait la stratégie la plus facile de passer à autre chose : plutôt que d’ expliquer, on va simplement « retirer », « couper » la personne de sa vie. Dans tous les cas, il s’agit d’une technique pour se « débarrasser » d’une personne devenue « indésirable », lui dire merci en faisant l’économie d’un adieu en bonne et due forme. C’est une manière de ne pas affronter la fin d’une histoire, et les conflits qui pourraient en découler.  J’apparente cela a de la lâcheté, mais je vais être indulgente, c’est peut – être de la timidité !!!

 

Ce que ressentent les personnes ghostées

En face des personnes qui arrêtent du jour au lendemain de donner des nouvelles, il y a les autres, les victimes de ce comportement.

 

Comme l’explique Marjorie Cambier, « Il est important de mettre du sens à ce qui arrive pour enclencher le processus de deuil. Dans le cadre du ghosting, cette mise en sens nous est refusée, ce qui rend les choses plus difficiles, et peut provoquer de la colère ou du ressentiment. La personne « ghostée » est laissée dans l’incapacité de réagir, ce qui est frustrant et violent pour elle ».

Pour Victoria, artiste peintre de 25 ans, « ghostée » à plusieurs reprises par le même garçon « C’est assez désarmant quelqu’un qui part comme ça sans prévenir. Ça empêche l’autre de passer a autre chose parce que tu ne fais qu’attendre. C’est assez humiliant aussi. J’ai bien mis six mois à accepter qu’il ne reviendrait pas ».

 

Le discours est finalement toujours le même : les personnes qui ont témoigné auraient toutes préférées que l’autre soit honnête, direct et face à elles. Ça aurait toujours été un mauvais moment à passer, mais ça les aurait aidées à passer à autre chose plus rapidement. A comprendre et a ne pas se remettre en question systématiquement, à entacher l’estime de soi et a blesser leur cœur.

 

Lors d’une fin, ne serai il pas plus judicieux de privilégier :

⊃ La communication directe:  dire honnêtement que l’on ne souhaite plus garder contact avec l’autre. en FACE à FACE. Je sais que ça peut sembler dur, mais en même temps, c’est le cas, non ?

Il ne sert à rien de se planquer dans une situation qui vous ferait culpabiliser et encore plus souffrir l’autre. Même si, de votre point de vue, ça ne vous semble pas si grave. On ne peut pas deviner ce que l’autre va ressentir.

 

Alors bien entendu, il y a l’art et la manière de le faire.

 

« C’est peut-être un mauvais moment à vivre mais ça aide à passer à autre chose. »

Une peur de l’engagement ?* Tous des « ghosteurs » en puissance ?* Aller vers la misandrie?* Des « consommateurs » de relations ?* Des personnes qui ne savent assumer dans les yeux?* Quand disparaître devient une nécessité?* Ne pas chercher de sens dans le silence?* Questionner sa part de « responsabilité »?* Vivre après un ghosting, oui mais comment?*

 

 

Voici 4 types de « ghosteurs »  qui quittent 

 

⊃ Les Pervers-Narcissiques
Ces contrôlant n’ont qu’un seul objectif; tel des vampires, aller jusqu’au bout la relation, l’autre et leur image, leur prendre toute leur énergie vitale. La victime reçoit un dernier coup de grâce. Terrassée par la violence de l’acte et l’incompréhension.

⊃ Les séducteurs, Hitch people !
D’avantage préoccuper par leurs statistique de conquêtes, n’ayant pas de temps à perdre a faire les choses correctes en fin d’aventures ils consomment de l’amour. Sans respect pour l’humain derrière le corps désiré. (Misandre frappe a ma porte?)

⊃ Les abandoniques aiguës
Ceux là même qui sont dans l’angoisse d’abandon : ils se sentent (ou croient être) constamment abandonnés. Par peur d’être abandonnés, tôt ou tard ils vont quitter (a défaut de pousser l’autre à les quitter). Ainsi eux aussi contrôlent la situation non pas pour détruire l’autre comme le pervers-narcissique mais plutôt pour tenter de canaliser l’angoisse qui les rongent. En gardant le contrôle des relations, ils se donnent l’illusion de contrôler leur angoisse.

« Pour ne pas être abandonné un jour autant abandonner tout de suite. »

⊃ Les contre-dépendants
Ce sont des dépendants affectifs mais qui s’ignorent. Ils vont tout mettre en place pour fuir la relation ou pour ne pas être en relation du tout.  Problème avec l’engagement? ou problème d’abandon? Les deux sont envisageables. Dès que ces individus se trouvent en lien avec autrui, ils se sentent piégés, ils ressentent une pression dans le thorax qui les poussent à fuir. La relation amoureuse les angoisse terriblement bien qu’ils n’en soient pas conscients. La solitude sera pour eux le seul moyen de ne pas souffrir d’avantage.

« Suis – je condamné à être seul? c’est peut être mieux ainsi, pour ne pas faire souffrir ou souffrir d’avantage »

 

C’est en tout cas le seul moyen de ne pas se retrouver en situation de dépendance. Leur devise pourrait être « mieux vaut être seul que prendre le risque de s’attacher ».

 

Voici une typologie des quittés.

Dans une société de l’éphémère et de la consommation tout le monde peut être amené à subir la situation du « ghosting », à être quitté du jour au lendemain. En lisant sur le sujet j’ai relevé une concomitance, j’ai pu remarqué qu’il s’agit majoritairement de personnes souffrant de dépendance affective, ayant une faible estime d’elles-mêmes, ne s’aimant pas. Des personnes ayant bien souvent vécu des situations d’abandon par le passé (enfance ou adolescence) et étant plus dans le besoin et la relation d’attachement que dans une relation harmonieuse. Le « ghosting » est donc terrible à vivre pour ces personnes là car cette situation réactive la veille blessure de l’âme: d’abandon et de rejet.

 

« Les dépendants affectifs ne s’aiment pas ou très peu et ont une mauvaise image d’eux-mêmes. Ils vont faire des choix de partenaires qui seront de mauvais choix pour eux. Ils vont choisir des personnes qui vont leur faire revivre le drame du passé et alimenter le schéma répétitif. Par non amour de soi, enfermés dans la souffrance, prisonniers de croyances limitantes sur eux-mêmes, la vie et sur l’amour, les dépendants vont être attirés par des personnes qui soit les maltraiteront, soit les abandonneront, soit les deux. »

 

Alors que faire ?

 

Pour aller plus loin, Géraldyne Prévot Gigant, nous propose 7 antidotes au Ghosting, c’est ici

Sources : http://www.marieclaire.fr/,ghosting / LA quête du bonheur / www.psycholgie.com / Blog