Anticipations de la Perception !

 

 

“Le secret de la santé physique et mentale ne consiste pas à pleurer pour le passé, s’inquiéter pour le futur ou anticiper les problèmes, mais à vivre le moment présent avec sagesse et sérieux.”

– Bouddha –

 

Qu’est ce qui fait que je ressens, que je perçois? Qu’est ce qui fait que je prends l’information pure, que je la conserve au lieu de la lâcher au gré du vent, . Je la perçois, je l’assimile et ensuite j’anticipe par projection mes perceptions.

 

Ici, j’avais envie de poser 3 notions qui sont à la fois des concepts philosophiques mais aussi des mécanismes de défense, en Psychologie. Et pour autant chacun sont des éléments clés dans les neurosciences en lien avec la capacité de notre cerveau à de définir dans la spiritualité.

Avec cette créativité qui me porte, j’exprime mes sentiments intimes au moyen de rythmes et d’images propres à communiquer au lecteur l’émotion du poète. Je suis passionnée, et tout autant de poésie. Je suis une grande sensible à la lecture de C.Baudelaire, alors je me suis dit que proposer une explication lyrique, émanant d’un poète du même esprit serai intéressant.

 

 

L’anticipation

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Charles Baudelaire, « L’appel du large » Les Fleurs du Mal

 

 

 

La perception interne et externe

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,

Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par delà le soleil, par delà les éthers,

Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,

Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,

Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde

Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;

Va te purifier dans l’air supérieur,

Et bois, comme une pure et divine liqueur,

Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins

Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,

Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse

S’élancer vers les champs lumineux et sereins :

Celui dont les pensers, comme des alouettes,

Vers les cieux le matin prennent un libre essor,

– Qui plane sur la vie, et comprend sans effort

Le langage des fleurs et des choses muettes !

Charles Baudelaire, « Élévation », Les Fleurs du mal, 1857.

 

 

Le déni du moment présent.

Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.Voilà que j’ai touché l’automne des idées,
Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

– O douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie,
Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !

Charles Baudelaire, « L’ennemi »Les Fleurs du mal

 

 

*Charles Baudelaire est un poète français. Né à Paris le , il meurt dans la même ville le  (à 46 ans).

« Dante d’une époque déchue » selon le mot de Barbey d’Aurevilly, « tourné vers le classicisme, nourri de romantisme», à la croisée entre le Parnasse et le symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe une place considérable parmi les poètes français pour un recueil certes bref au regard de l’œuvre de son contemporain Victor Hugo, mais qu’il aura façonné sa vie durant : Les Fleurs du mal.

Baudelaire détache la poésie de la morale, la proclame tout entière destinée au Beau et non à la Vérité. Comme le suggère le titre de son recueil, il a tenté de tisser des liens entre le mal et la beauté, le bonheur fugitif et l’idéal inaccessible (À une passante), la violence et la volupté (Une martyre), mais aussi entre le poète et son lecteur (« Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ») et même entre les artistes à travers les âges (Les Phares). Outre des poèmes graves (Semper Eadem) ou scandaleux (Delphine et Hippolyte), il a exprimé la mélancolie (Mœsta et errabunda), l’horreur (Une charogne) et l’envie d’ailleurs (L’Invitation au voyage) à travers l’exotisme.

 

 

Finalement n’est ce pas cela l’anticipation de la perception? Une gravure fantastique, confession d’un chant d’automne, ou la tristesse de la lune te donne ces vers. Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, remords posthume de confessions et correspondances au lecteur?

Toi moment présent, je t’adore à l’égal de la voûte nocturne, ennemi, étranger, avertisseur de l’aube spirituelle. Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire, sur les vieux bancs de chêne, tel l’homme et la mer, si l’harmonie du soir devient horreur sympathique d’une élévation vers les brumes et pluies?

J’aime le souvenir de ces époques, je n’ai pas oublié l’amour du mensonge, l’âme du vin, l’idéal, l’invitation au voyage. La lune offensées, la mort des amants, tels une fontaine de sang, un beau navire, le flambeau vivant d’une rançon, celle de gouffre, du gout du néant.

XoXo

C.

 

 

 

 

 

Sources :  Kant (Critique de la raison pure, l. II, sect. Ill), Daniel Goleman, Howard Gardner

C. Baudelaire – Les fleurs du mal – intégral – (1821-1867)

Wikipedia.