Au coeur de la relation Mère enfant

La mèr(e), à l’origine du mâl(e)

« Quand l’autre, retourne à sa condition première d’être aquatique. Liaison dangereuse avec la mèr(e), ou la plongée au tréfonds de soi comme un corps à corps avec la mèr(e). » J’avais envie de vous partager mes lectures, tout autant que mes réflexions. L’impacte de la relation à la mère, sur l’adulte que nous sommes. La place du père et comment cet environnement est le socle de ce que nous ressentons aujourd’hui et nos interactions en nous même et face aux autres. Sont des facteurs qui cause des blessures. Ces blessures, sont parfois un réel blocage, mais tout autant des traumatismes.

Meme si nos parents, nous; parents faisons tout ce que nous pouvons, il n’est pas négligeable de se poser des questions sur les racines de nos maux. Panser par l’action, nos blocages, nos blessures, le baume sur une cicatrice.
As – tu retrouvé une harmonie, une quiétude? liée au bonheur de l’existence intra-utérine, quitte à frôler la mort?

Première femme de la vie d’un homme, la mère modèle inconsciemment sa future vie amoureuse. Surprotectrice, distante, castratrice…, le psychanalyste Alain Braconnier dessine cinq profils de mère et explique leur influence. 

  • La mère amoureuse : elle projette entièrement son idéal masculin. Elle ne veut pour lui que le meilleur en tout, prête à se sacrifier pour ce fils qui est sa raison d’être. Son soutien est à la hauteur de son exigence, elle ne supporte pas la médiocrité chez lui, ni autour de lui . Le fils en retire une confiance en lui très solide, grâce à laquelle il affrontera sans crainte les aléas de la vie. Sur le plan affectif, il est tout aussi assuré et ambitieux. Porté et enivré par un amour maternel inconditionnel, cet « élu » va partir en quête de celle qui prendra le relais de sa mère et qui le couvera à vie du même regard émerveillé.
  • La mère surprotectrice: Son but : prolonger le plus possible l’exclusivité du lien avec son fils. elle transmet à son fils sa vision pessimiste des relations humaines, ce qui a pour effet de renforcer chez lui anxiété et dépendance affective. Écrasés par cet amour féroce, ses fils grandissent dans l’anxiété, l’immaturité affective et la culpabilité. Intimité difficile à établir, communication verbale réduite, émotions verrouillées…
  • La mère distante : elle doute profondément de ses compétences maternelles, cette mère vit dans la crainte de mal faire, donc de faire souffrir son enfant. Tout ce qui vient d’elle lui semble potentiellement dangereux : ses émotions, ses initiatives, son contact. N’ayant pas été enveloppés de la chaleur et de la sécurité de l’amour maternel, ils ont du mal à faire confiance aux femmes et développent souvent un discours cynique sur l’amour et la sexualité. Ils avancent toujours masqués, par prudence, et affichent, pour se protéger, une froideur dissuasive. Résultat : ils reproduisent avec les femmes la distance maternelle et ils en souffrent. En revanche, s’ils baissent suffisamment la garde et rencontrent une personne rassurante, chaleureuse et généreuse, ils s’investissent sans compter dans leur couple.
  • La mère castratrice : Elle est en guerre avec les hommes, qu’elle veut mettre sous sa coupe.  Main de fer dans un gant de velours, elle rappelle à chaque instant à son fils qu’il n’y a qu’un maître à bord.
    Les fils de ces mères surpuissantes ont une attitude paradoxale. Ils semblent les fuir tout en recherchant leur copie conforme, afin de rejouer avec leur compagne la relation dominante-dominé.
  • La mère bienveillante : Attentive aux besoins de l’enfant, elle n’est pas anxieuse ni en quête de réparation narcissique. Elle veille au bien-être de sa famille et laisse au père toute sa place. Ses sources de plaisir sont variées, l’enfant n’est pas son unique raison d’être.  Cette mère « fait » des ­hommes confiants, bien dans leur masculinité et à l’aise avec le féminin. Avoir eu une mère heureuse avec un homme donne envie d’être celui qui comblera une femme à son tour

Le psychanalyste rappelle également que si la relation mère-fils est faite d’attachement et de séduction, de désir et de plaisir, elle est aussi modelée par ce que la mère y projette en matière d’idéal et par ce qu’elle transmet de son propre rapport au masculin. 

« Si l’enfant arrive à habiter son corps et à se sentir “lui” – ce que l’animal ne peut pas faire – c’est grâce aux soins et aux mots de sa mère ». Claude Halmos


Alors l’enfant, au contact de ses parents, et des autres, évolue afin d’atteindre une fusion, dans l’absolue, celle ou il investira son corps, et l’alignement entre celui -ci et son esprit, son âme. Vivant ainsi ses émotions et ses expériences de vies, en complétude.

Le bébé n’investit pas son corps « d’un seul coup », mais par étapes.

A chaque étape, une zone de ce corps est pour lui prépondérante.
Ainsi, dit Françoise Dolto, la première « image inconsciente » du corps, juste après la naissance, est une image « aérienne ». Elle est faite des sensations liées à la respiration aérienne (que le nourrisson vient de découvrir), à l’audition et à l’olfaction.
La deuxième « image inconsciente » est « orale ». Elle ajoute à la première des sensations en rapport avec la bouche, le larynx et le pharynx, ainsi que les sensations de plein et de vide de l’estomac. Ici le nourrisson ne peut faire la distinction entre lui et sa mère. 
La troisième est « anale » (appellation qui désigne l’ensemble de la musculature et non pas seulement le sphincter anal)  . F.Dolto, elle, ajoute aux deux premières les sensations de rétention et d’expulsion liées à la partie inférieure du tube digestif. Ici l’enfant accroît sa capacité d’agir sur le monde.
Ici, la relation avec l’objet s’appréhende en termes de soumission et de domination. L’enfant peut trouver des compromis dans un commerce relationnel où les matières fécales, sa possession la plus précieuse, qu’il considère comme faisant partie de lui, sont données en échange des soins et de la protection de sa mère. Les angoisses liées à ce stade sont représentées sous la forme d’un danger d’être vidé, d’être asservi, exploité. En même temps que l’enfant progresse dans sa perception de la différence entre soi et l’autre il forme le désir de maîtriser cet autre qui lui semble tout-puissant. C’est la période du « non », de la constipation; le refus de donner ce que la mère semble désirer ardemment est un moyen d’agir sur elle, de la frustrer, comme l’inverse est un moyen de la combler…


Comment le bébé réussit-il à inscrire ces sensations dans sa tête ?

A en faire une représentation inconsciente de lui-même sur laquelle il peut prendre appui pour se sentir « être » ?

La question est importante, car l’animal ressent certainement, lui aussi, des choses dans son corps (la faim, ses pattes qui bougent, etc.), mais n’en acquiert pas pour autant une conscience de lui-même : un chat ne se sent pas être « lui ».

C’est grâce au rôle joué par l’autre : la mère.


Le rôle de la mère est donc essentiel. D’autant que c’est elle, aussi, qui aide l’enfant à « avancer » pour qu’il parvienne à se sentir psychiquement et physiquement un « individu » entier et distinct d’elle. Ce qui suppose, évidemment, qu’elle ne le considère pas comme sa propriété et fasse une place au père…

Ma mère, mon PREMIER miroir


LE « besoin » originel de l’enfant, nécessite qu’autrui soit disposé à répondre. Cette disposition peut avoir pour racines chez l’adulte ses propres attachements de la prime enfance. Mais elle est déterminée aussi par une très longue histoire transgénérationnelle.

Chacun dispose d’une part de liberté pour désamorcer les effets d’une transmission toxique et vivre sa propre vie.


Le développement de la personnalité passe par l’acquisition du « JE ».

La mère apporte au tissage des liens, la coloration de la sexualité adulte de ses enfants. Elle est la séductrice bien avant que son enfant soit séducteur.

Source: F.Dolto L’image inconsciente du corps, Seuil, 1992.

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